RECIT DE 5 SEMAINES DE BENEVOLAT A BESELY (Partie 2)

RECIT DE 5 SEMAINES DE BENEVOLAT A BESELY (Partie 2)

Béatrice a partagé le quotidien de notre école à Besely pendant 5 semaines. Contrairement à son amie Elodie, elle n’est pas infirmière et n’exerce pas de métier qui pourrait à première vue être lié à l’école. Par contre, Béatrice possède une solide expérience de bénévolat en France pour diverses associations dont la Croix Rouge. Elle y est secouriste, effectue des maraudes l’hiver et donne de son temps pour les plus démunis. C’est son envie d’aider et de partager qui lui a donné tous ses atouts pour partir là-bas. Elle m’a raconté son expérience à Besely. 

Béatrice, pourquoi avoir choisi de partir faire du bénévolat avec Écoles du Monde ?

 

Je suis partie avec mon amie Elodie qui est infirmière. Ce n’est pas facile de trouver une association à l’international où l’on peut s’impliquer et avoir une valeur ajoutée sur une période de 5 semaines. J’avais pensé aux grandes structures au départ, j’en ai contacté quelques-unes mais ils ne cherchent pas forcément de bénévoles, ne répondent pas aux mails. Ensuite, il y a les associations qui demandent de l’argent pour être bénévole… ce n’est pas simple.

 

Pour ma part, je ne connaissais pas Madagascar, et c’était la première fois que j’allais faire du bénévolat à l’étranger. J’aurais pu partir seule, j’avais ce projet depuis pas mal d’années, je pensais partir toute seule dans une association mais mon amie avait aussi ce projet et il se trouve que nous avons eu du temps libre en même temps donc nous avons cherché et nous sommes parties ensemble. 

 

Qu’avez-vous fait sur place et qu’est-ce qui vous a marqué ? 

 

J’ai aidé dans plusieurs domaines, là où on avait besoin de moi. J’ai rédigé les conseils et fait les tableaux pour les repas comme nous avons travaillé sur la nutrition, j’ai aidé pour la pesée des enfants, j’ai participé pour les ateliers et le jeu sur l’hygiène… 

 

Il y a de gros besoin sur place et Écoles du Monde agit dans plusieurs domaines ; non seulement l’éducation scolaire des enfants mais aussi l’éducation à l’équilibre alimentaire et à l’hygiène par exemple. Les parents sont impliqués et c’est nécessaire que les professeurs leur expliquent que c’est important que leurs enfants soient à l’heure, que les devoirs soient faits, que les cahiers soient propres, etc. Il faut aussi leur parler de l’hygiène parce que c’est bien d’avoir certaines règles d’hygiène à l’école, c’est encore mieux de pouvoir les appliquer à la maison et ailleurs. Les parents sont contents, ils voient que leurs enfants vont à l’école, eux qui n’ont pas tous eu cette chance. Et puis, ils voient que les choses bougent dans leur village grâce à Écoles du Monde : ils ont l’eau des puits et même le wifi.

 

Les enfants sont super, j’ai adoré être avec eux ces quelques semaines. Ils sourient, ils sont heureux, ils n’ont pas grand-chose mais jouent avec ce qu’ils ont par exemple. Quand je dis qu’ils n’ont pas grand-chose, attention, l’essentiel ils l’ont. Ils ont à manger, ils ont un toit, une éducation avec l’école, un environnement où ils peuvent grandir. Par contre, les portables ou les derniers jeux à la mode comme on voit en France, non. Quelle importance ?

 

Nous avons travaillé sur les menus de la cantine. La base de l’alimentation là-bas, c’est le riz. Mettre en place des menus variés, c’est beaucoup de logistique et ce n’est donc pas facile mais Écoles du Monde se donne l’objectif de favoriser des menus variés et équilibrés. J’espère que cela va pouvoir continuer comme ça. 

 

On voit que les choses évoluent là-bas. Je pense au collège par exemple. Ce sera encore mieux pour les enfants ils pourront continuer car beaucoup ne peuvent pas continuer après le primaire actuellement. Seuls certains vont à la ville pour le collège. Il y a encore des choses à faire, plein de projets à mettre en place. Je pense à notre rencontre avec l’ONG Marie Stopes International qui s’occupe des problématiques de planning familial, je pense que les questions de contraception et d’éducation sexuelle seront importantes s’il y a le collège. 

Nous avons pu échanger beaucoup avec les enfants. Les tout petits ne parlent pas français mais ils comprennent. Et nous avons aussi discuté souvent avec les profs, l’infirmière. Les professeurs ne viennent pas tous de la brousse, au contraire certains connaissent bien les villes, ils ont des portables, ils sont connectés. On a pas mal échangé sur les conditions de vie, Madagascar, France, sur la misère qu’il peut y avoir des deux côtés. C’était enrichissant pour tout le monde. 

 

Je suis ravie de mon séjour, d’avoir pu partager ces moments avec les enfants de Besely. Et puis, ça permet tellement de relativiser ce que l’on vit en France. Je suis toujours en contact avec l’équipe locale aujourd’hui, j’aime avoir des nouvelles sur ce qui se passe, sur les avancées du collège par exemple.